Confinement : comment occuper les enfants à la maison, sans que cela tourne au cauchemar

24/03/2020 - 11h33

Quelles sont les bonnes pratiques digitales en temps de coronavirus pour ne pas s'entretuer ?

Comment occuper et faire bosser les enfants et ados restés à la maison sans que toute la famille ne devienne marteau ? Le tout en partageant le Wifi. La situation inédite pousse à se montrer créatif. Les chartes et autres emplois du temps pour les occuper fleurissent pour réussir la mission haut la main. Mais, soyons honnêtes, est-ce vraiment réaliste ? Entre désir et réalité, quelles sont les astuces simples pour ne pas complètement tomber dans le chaos numérique ?
 

Le super goal

Probabilité : 0,000001%

Allez hop, c’est parti pour tout le monde : télétravail pour les parents, cours à la maison pour les petits (et plus si petits). Qu’importe. Armé.e.s d’un planning d’enfer, vous gérez d’une main de maître votre boss, l’éducation de vos enfants et les repas. De 8h à 16h30 tous les jours, vos kids bossent sans moufter, grâce au cours du Centre national d’enseignement à distance (CNED) et sa plateforme en ligne gratuite "Ma Classe a la maison".

Equilibriste accomplie, vous jonglez entre les recommandations des professeurs et celles des cours disponibles en ligne. Vos têtes blondes et brunes, attentives et sages, agissent en autonomie quasi totale et prennent même l’initiative de classer les rois de France par ordre alphabétique sur le frigo avec des lettres magnétiques. Et Kevin, son cahier de verbes irréguliers sur le cœur, de vous dire : "M’man, P’pa, en temps de guerre, la moindre des choses, c’est que je révise mon anglais", avant d’envoyer sa dissert’ par mail à son prof principal.

Et pendant que vous comptez jusqu’à cent pour le cache-cache improvisé, vous bouclez votre budget annuel, avec le sentiment du travail bien fait. Deux heures avant le coucher, vous balayez du revers de la main leurs écrans pour ne pas dépasser les recommandations de l’OMS. Et vous jouez ensemble au Monopoly en vous disant que le coronavirus finalement rapproche les familles.

Résultats : dans trois mois, l’ensemble de votre progéniture réussit haut la main ses examens. Et Kevin obtient la mention très bien au bac, le tout, avec le sourire et en débarrassant la table.
 

La triste vérité

Probabilité : 89%

Devant l’afflux de connexion, les sites éducatifs plantent les trois premiers jours du confinement, le temps de trouver une bande passante correcte pour l’ensemble des primaires, collèges et lycées. Vous saisissez votre Bescherelle d’une main, votre ordinateur portable de l’autre. Au bout du deuxième verbe du troisième groupe, vous lâchez et envoyez le petit devant la compil’ de l’âne Trotro jusqu’à nouvel ordre.

Kevin, de son côté, tapote mollement son classeur d’histoire-géo pendant qu’il scrolle Insta. Vous sentez déjà la dépression monter alors qu’il fait mine de faire une sieste à 9h53 du matin : "Laissez-moi confiner en paix devant Netflix !".

11h, c’est l’heure de votre premier conf call en Skype entre votre boss et les équipes commerciales. Trois interruptions pipi plus tard, une autre pour le goûter et une dernière pour "M’man, t’as pas vu mon sweat beige, j’en ai besoin pour faire un TikTok ?", vous êtes au bord de la crise de nerfs. Il n’est pas encore midi. Excédé.e, vous cédez et collez tout le monde devant un écran, le temps de finir votre journée de travail.

Résultat : à 19h, tout le monde a explosé son quota d’écrans pour les trois prochaines années.

Occuper les enfants : alternatives aux écrans pendant le coronavirus

Soyons clairs, entre bazar numérique total et situation idéale, il existe un juste milieu. Il est imparfait, mais la situation l’est-elle moins ?

Bien démarrer la journée de confinement

Oui l’école commence à 8h, mais après tout, on est à la maison, on se donne la possibilité de commencer une heure plus tard. C’est toujours ça de pris. Concernant un emploi du temps trop stricte, la psychothérapeute Patricia Chalone explique que la situation est suffisamment stressante. "Il faut leur expliquer qu’ils ne sont pas en vacances, qu’on va faire la classe à la maison et leur demander leur coopération pendant cette période pas facile", pour autant, ce n’est pas non plus l’armée. Une fois les grandes cases des activités posées, on passe à la suite.

Entre ordinateur pour les devoirs, et distractions, les enfants vont passer baucoup de temps devant les écrans. Déjà, bonne nouvelle, peu de chance qu’ils participent à des challenges dangereux comme celui du "crâne brisé sur Tik Tok. Pour autant, quelles sont les alternatives?

Confinement : occuper les moins de 3 ans

Même si la tentation est grande, l’usage des écrans est fortement déconseillé. Le meilleur moyen de l’occuper est encore de jouer avec lui ou de lui lire une histoire.

Ok, vu les circonstances, c’est presque mission impossible, mais on peut miser sur des podcasts ou des comptines comme Une histoire et Oli de France Inter, Encore une histoire  ou la Grande Histoire de Pomme d’Api.

On peut aussi essayer l’éveil musical avec des albums à écouter : Aldebert ou Weeper Circus sur Spotify ou encore Henri Dès sur Deezer.

Confinement : alternative aux écrans pour les 3 à 6 ans

Là aussi on peut miser sur des alternatives audio, pour éviter les écrans.

Côté activités créatives, direction les DIY pour faire des toupies ou des marques pages sur Le Coin bricolage d’Anna et Clara, les coloriages de l’illustrateur Binbinrobin ou ceux de ou les paper boys à imprimer de Tidou.

 

 

Et comme on sait que ce n’est pas forcément facile, et que toutes ces activités nécessitent une supervision, on peut faire un compromis avec une émission éducative comme C’est pas Sorcier, Il était une fois la vie ou Le journal Junior D’Arte. Et ça marche aussi pour les plus grands.

Confinement : à partir de 7 ans

Outre les activités de coloriage et de découpage, on peut orienter ses enfants vers des musées en ligne comme les antiquités égyptiennes du Louvre ou le journal de la peintre mexicaine Frida Kahlo. Ou pourquoi pas faire une balade virtuelle devant la cathédrale de Milan.

Autre alternative, fabriquer une BD avec l’application de la BNF sur ordinateur ou mobile.

Pour les ados

Privé de son "crew", vous avez peur de voir votre ado dépérir ? On ne panique pas. On lui laisse plus de temps d’écran que d’habitude pour tchater avec ses amis.

Tant qu’à faire, plutôt que de le voir zoner toute la journée (euh réviser ses maths) on l’oriente vers des chaînes qui en valent la peine comme celle d’Hugo Décrypte qui diffuse tous les soirs des infos sur le coronavirus, Nota Bene pour l’Histoire, Max Bird ou Florence Porcel pour l’univers.

Et comme Kevin rêve de devenir podcasteur, on l’autorise à assister au live quotidien à 19h de la comédienne Pénélope Boeuf qui explique les ficelles du métier.

En prime vous passerez pour des parents cool.

Coronavirus et écrans : attention au coucher

En revanche, si vous pouvez lâcher du lest pour le reste de la journée, il est impératif que tous les écrans soient éteints à minima une heure avant le coucher. Et après une bonne nuit de sommeil… C’est reparti !